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EXPERTISE AERAULIQUE |
Thème 5.1
L'énergie éolienne
Aérogénérateur
de 2 MW alimentant en électricité 2000 foyers.
Les moulins à vent des temps modernes ne font pas plus de
bruit
que le vent lui même. Selon l'Office Parlementaire d'Evaluation
des
Choix Scientifiques et Technologiques, le bruit des engrenages est
désormais
quasiment inexistant et le bruit de souffle des rotors est inaudible
à
200 m !* Visitez un parc éolien récent pour vous en
rendre compte !
>>> Document Planète Eolienne - réponses aux
idées fausses au format
PDF et document Espace Eolien
La France a le deuxième potentiel
éolien d'Europe après
la Grande-Bretagne. Pourtant, par manque de volonté politique,
elle ne produit que 2 % de ce qui est produit
par les éoliennes allemandes. La France, pénalisée
par
sa production centralisée, a plus de 15 ans de retard sur un
pays comme
le Danemark dont 20 % de l'électricité est d'origine
éolienne.

Un
aérogénérateur onshore a une puissance de 3
à
6 MW, de quoi alimenter en électricité de 3000 à
6000
foyers. Des prototypes offshore de plus de 10 MW sont
déjà
envisagés. Mais des éoliennes plus petites
(diamètre
de 2 à 12 m) existent, conçues pour l'habitat individuel.
L'énergie
éolienne produite par les particuliers est rachetée par
EDF
ou Enercoop.
Le foisonnement éolien est la loi statistique qui fait que, par
la
multiplication spatiale des parcs éoliens sur le territoire, la
valeur
minimum de la puissance fournie est supérieure à la somme
des
puissances minimales de chaque éolienne. Avec un tel
foisonnement
sur un ensemble de 10 GW éolien installé, la France
pourrait
éviter 34 TWh/an non renouvelables (15 TWh d'origine fossile sur
son
territoire et 19 TWh ayant pour origine le charbon en Europe)**, soit
la réduction
de 10 % de ses émissions annuelles de CO2 (objectif du protocole de Kyoto pour la France).
Nous
rappelons à ceux qui, avec les éoliennes,
découvrent
l'esthétique industrielle et énergétique, que
cette
qualité esthétique est théoriquement facultative
pour
la production et le transport d'énergie en France (centrales
électriques, barrages, lignes THT,
etc.). Les moulins à vent du XXI
siècle,
aux profils aérodynamiques, sont désormais des lieux
très
visités, de réels symboles de développement
soutenable, local et porteurs d'indépendance
énergétique, donc de paix.
Rappelons aussi que plus de 80 % des riverains de parcs éoliens
sont favorables à l'implantation de ces éoliennes dans
leur environnement***.

Au
niveau national, la production éolienne est en bonne
complémentarité
avec l'hydraulique (énergie stock, épargnée en
hiver
lorsque les éoliennes sont les plus productrices), la biomasse
et le solaire (énergie stock pour
la biomasse et meilleure
production en été pour le solaire). Mais l'objectif doit
être
aussi de ne plus utiliser de systèmes de chauffage
électrique
ou aérothermiques qui augmentent les émissions de GES
durant les pointes de grands froids.
Pour des projets de petit éolien, nous
calculons le temps de retour sur investissement des installations selon
les
données météorologiques locales et après
corrélation
du potentiel éolien in situ (mesure du vent durant au moins 3
mois avec un mât de mesure de 10 m de haut).



Nous réalisons des cartes
de visibilité d'éoliennes,
des photomontages d'intégration
paysagère (indispensable
au
dépôt d'un permis de construire) et des simulations
d'ombres
portées des pales d'éoliennes durant l'année. Contactez-nous.
Sources : *[OPECST, http://www.assemblee-nationale.fr/12/rap-off/i2965.asp, 2006] ; **[C. Rap, Le journal des énergies renouvelables n° 165, 2005] ; ***[Ademe, Perception et représentation de l'énergie éolienne en France, 2003]
Thème 5.2
La ventilation naturelle,
le renouvellement d'air,
la limitation des déperditions thermiques
L'oxygène
que nous respirons est celui que les végétaux veulent
bien nous léguer.
Nous
passons plus de 95 % de notre temps à l'intérieur des
bâtiments.
Or, la pollution y est plus importante (parfois
10 fois plus*)
qu'à
l'extérieur où
il est généralement déjà pollué par
les
gaz des industries, des véhicules, des incinérateurs,
etc.
En tant qu'architectes, nous avons le devoir de concevoir des
bâtiments
sains et bien ventilés, mais les usagers doivent aussi veiller
à
utiliser le moins possible de produits ou d'équipements
polluants
(moquettes, meubles plastiques, bois collés, vernis, colles,
mousses isolantes, produits chimiques divers...).
Les principaux polluants volatils intérieurs
sont : la fumée de tabac qui est fixée par les
matériaux (adsorption) et relarguée (désorption),
le monoxyde de carbone (CO ; mortel), les oxydes d'azote (NOx ; exposition maxi : 0,15
mg/m3/24 h ; exposition mesurée dans les habitations
:
jusqu'à 1,8 mg/m3), ozone (O3
;
exposition maxi : 0,24 mg/m3/3 h), le dioxyde de soufre (SO2 ; exposition maxi : 0,125
mg/m3/24 h), le formaldéhyde (exposition maxi : 0,01
mg/m3 ; cancérogène), les composés
organiques volatils (COV aromatiques type benzène,
toluène, xylène, styrène et naphtalène ;
neurotoxiques. COV halogénés type chloroforme,
trichloréthylène, chlorure de vinyle, dioxines et
dichlorobenzène ; exposition maxi la plus basse : 0,07
mg/m3), les éthers de glycol (reprotoxiques et
cancérogènes pour certains), les fibres minérales
ou organiques (si ø < 3 µm et long. > 5 µm :
risque pathogène important), le radon (gaz radioactif en plus ou
moins grande quantité dans le sous-sol ; exposition maxi : 200
Bq/m3 ; cancérogène)**.
Les matériaux ne sont pas les seules sources de
pollutions intérieures. Les aspirateurs et les convecteurs
électriques dispersent les polluants, les poussières les
plus fines et les allergènes. Les chaufferies, les
systèmes de chauffage, les garages et les lieux de stockage de
produits chimiques (pesticides, solvants, etc.) sont potentiellement
des réservoirs à polluants. Rappelons enfin que
l'humidité augmente les émisssions polluantes des
matériaux.
Même dans un bâtiment bien conçu, la ventilation
manuelle est conseillée (ouverture des fenêtres pour
créer un courant d'air durant 5 mn) surtout le matin,
après une nuit sans mouvement d'air comme il s'en produit en
journée par l'ouverture des portes et des fenêtres. Quelle
soit mécanique (VMC) ou naturelle, la ventilation doit balayer
transversalement l'air de pièce en pièce, sous les portes
et s'évacuer par les pièces les plus humides (salle
d'eau, wc, etc.). Nous concevons nos pièces humides avec des
ouvertures directes sur l'extérieur ou préconisons des
VMC avec des capteurs hygrométriques qui régulent les
débits de ventilation selon l'activité des lieux.
Les déperditions thermiques par le renouvellement d'air (chaud
ou froid) peuvent être évitées par la
préclimatisation de l'air entrant dans les pièces (double
peau filtrante en été et à effet de serre en
hiver) ou par des échangeurs pour les VMC à double flux.
Sources : *[B. Peuportier Dr.
et Chargé de Recherche au Centre d'Energétique de l'Ecole
des
Mines de Paris, Eco-conception des bâtiments, bâtir en
préservant l'environnement, 2003] ; **[S. et P. Déoux Drs en
médecine et Experts en Haute Qualité Santé, Le
guide de l'habitat sain, 2002].
Thème 5.3
Le CO2, les gaz à effet de
serre (GES)
et les gaz destructeurs de la couche d'ozone
Sans l'effet
de serre, nous aurions une température planétaire de -18
°C en moyenne.
Mais trop d'effet de serre dérègle le climat !
Au niveau
planétaire, 26 % de l'augmentation
des émissions de GES provient de
la production
d'énergie, 19 % de l'industrie,
17 %
de la déforestation (changement d'usage des sols) et des
incendies,
13 % des transports (hors trafic aérien international), 13 % de
l'agriculture, 8 % de l'habitat et du tertiaire, et 4 % des eaux
usées
et des décharges*+**. 1/4 de l'émission de CO2 provient des USA (2 % pour la
France***).

Sources des
principaux GES d'origine humaine par secteur d'activité*+**
Au niveau national, 30 % de l'émission
de CO2 provient
des transports, 20 % des bâtiments, 20 % de l'industrie, 16 % de
l'agriculture et 13 % de la production et de la transformation de
l'énergie (les incendies ne sont étrangement pas
comptabilisés).
17 %
de l'énergie finale consommée en France est d'origine
nucléaire (3/4 de l'électricité)**. Cette
énergie produit peu de CO2
dans sa filière de
production mais beaucoup plus dans sa filière de construction,
d'extraction et de transport de
l'uranium (importé
à
100 %), de "traitement" et d'enfouissement de ses déchets
radioactifs, et de démantèlement de ces centrales
nucléaires. La
part
d'électricité nucléaire est
cependant "faible" par rapport à l'ensemble des énergies
consommées
en France et dans le Monde (2 %)**, et les mines d'uranium actuelles
seront
épuisées
dans moins de 50 ans. L'électricité
nucléaire ne peut donc pas nous permettre de lutter
contre le dérèglement climatique et l'effet de
serre. En France, le
chauffage électrique est d'ailleurs le
pire système de chauffage en terme de GES. Il émet 2 fois
plus de CO2
que le chauffage au Gaz Naturel car les pointes de consommation des
chauffages
électriques (contrairement aux autres chauffages) imposent le
redémarrage de centrales fonctionnant
aux énergies fossiles. Pour
les
climatiseurs électriques, le problème est le même
(pointes
de consommation durant les canicules), aggravé de plus par la
fuite des
GES utilisés par ces appareils !
Source :
Ministère de l'Economie
La priorité doit donc être de limiter les énergies fossiles dans les transports (y compris dans l'agriculture), la construction, le fonctionnement des bâtiments et l'industrie, de promouvoir très largement les énergies renouvelables et les constructions climatiques, et de lutter contre les feux de forêts et la déforestation irraisonnée. L'objectif annoncé par certains pays européens comme la France est de diviser par 4 nos émissions de GES d'ici 2050.
La
France, loin derrière les meilleurs élèves
européens en terme
d'émissions annuelles de CO2 (en tonnes de CO2/habitant, en 2003). Alors que la
France ne diminue pas ses émissions de CO2 par rapport
à 1990, la Belgique,
l'Allemagne et les Pays Bas diminuent les leurs, respectivement, de 18
%, 13 % et 8 % pendant cette même période... Source : ONU
et Mission Interministérielle de l'Effet de Serre
Le biogaz issu de la méthanisation des
déchets,
les carburants d'origine végétale, la paille et le
bois-énergie
ne produisent, lors de leur combustion, pas plus de CO2 qu'ils n'en stockent (cycle
naturel à la surface
de la Terre) et la végétation, les sols et les
océans absorbent le CO2.
Les
énergies renouvelables représentent actuellement 7 % de
l'énergie
finale française (biomasse, hydraulique, géothermie,
solaire,
éolien) et contrairement aux
énergies fossiles, les
énergies renouvelables ne produisent pas de CO2.
En effet, même si leur énergie grise (utilisée pour
la
fabrication et la pose des capteurs solaires, des éoliennes,
etc.)
est encore d'origine fossile, le temps de retour sur cette
énergie
grise est de 2 à 3 ans pour un capteur photovoltaïque****
et
3 mois pour une éolienne****. Au-delà, il s'agit de CO2
évité par rapport à une production
d'électricité
à partir d'énergies fossiles, y compris nucléaire !
En effet, en ce qui concerne les énergies fossiles, les dernières technologies produisent 35 g de CO2 par kWh pour le nucléaire (sans comptabiliser la gestion des sites et des déchets radioactifs sur plusieurs siècles), 100 g/kWh pour le gaz avec cogénération, 600 g/kWh pour les incinérateurs de déchets et 620 g/kWh pour le charbon avec cogénération*****.
Les autres GES sont la
vapeur d'eau (H20, mais
son effet de serre est compensé en partie par un effet de
blocage du rayonnement solaire), le
méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O), les
hydrofluorocarbures (HFC), les
perfluorocarbures (PFC), les
chloro-fluoro-carbones (CFC) et les
hexafluorures de soufre (SF6).
Le potentiel de réchauffement global (PRG) de
ces molécules (hors H20) sur 100 ans est
respectivement 25, 290, jusqu'à
3200, jusqu'à 8000,
jusqu'à 12500 et 24900 fois plus important que le PRG du CO2 !
Actuellement, le CO2
issu des énergies fossiles représente 56 % de
l'accroissement de l'effet de serrre et le CO2
issu de la déforestation et de la destruction des
tourbières représente 20 %**.
Les
autres GES représentent 14 % pour le méthane (CH4), 8 %
pour le protoxyde d'azote (N2O) et 2 % pour les
halocarbures (CFC, PFC, HFC et SF6)**.
Les émissions de méthane devraient donc être
très
surveillées dans les installations individuelles (attention aux
assainissements
autonomes !) et récupérées dans les stations
d'épuration
afin de permettre aux villes de convertir leur parc de véhicules
(bus,
voitures de service, etc.) au gaz naturel et d'avoir leur propre
production
locale de carburant. Notre alimentation, via notre consommation plus ou
moins
importante en viande, a aussi un impact sur les émissions
de CH4
dans les élevages (sans compter l'énorme quantité
d'énergie
perdue entre la photosynthèse des végétaux et la
production
finale de quelques calories animales). Les végétariens
permanents
ou occasionnels sont donc déjà dans une démarche
écocitoyenne.
Malgré leur interdiction depuis 1996 en France,
les chlorofluorocarbures (CFC) continuent à atteindre la haute
atmosphère. Ils ont été responsables
de 25 % de l'effet de serre*******. Or la quantité de CFC
stockée
dans les mousses isolantes à base de polyuréthane et dans
les polystyrènes extrudés (PSX différents du PSE
ou
polystyrène expansé) était de 54000 tonnes en
France
en 1989*******. Ces mousses pourraient donc encore libérer ce
puissant
GES durant des années. Ces stocks de CFC sont aussi une menace
pour
la couche d'ozone qui continue à se dégrader. Les HCFC
qui
remplacent actuellement les CFC sont aussi des destructeurs de la
couche
d'ozone. Il faudra attendre 2030 pour qu'ils soient interdits******* !
D'ici
là, et bien après (inertie de la réaction de
destruction),
l'augmentation des UVB arrivant sur terre continueront à
provoquer
des cancers de la peau, des cataractes et des atteintes du
système immunitaire, détruiront le phytoplancton marin et
accélèreront le vieillissement de certains
matériaux*******.
Sources : *[S.
Rabourdin, Changement climatique, comprendre et agir, 2005] ;
**[Ministère
de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, et Ministère de
l'Ecologie
et du Développement Durable, Rapport Facteur 4 - Division
par 4 des émissions de gaz à effet de serre de la France
à l’horizon 2050, 2006 + Bilan 2007 des changements
climatiques du Giec, 2007] ; ***[OCDE] ; ****[Ademe,
Guide Pratique, la production
d'électricité raccordée au réseau, 2003
et Eoliennes et aspects économiques, 2002] ; *****[Ôko-Institut et Wise-Paris] ; ******[La Revue Durable n° 15, Faire face au
changement climatique, 2005] ;
*******[B. Peuportier Dr.
et Chargé de Recherche au Centre d'Energétique de l'Ecole
des
Mines de Paris, Eco-conception des bâtiments, bâtir en
préservant l'environnement, 2003].
© Depuis 2002
Sylvain HOUPERT Architecte DPLG & Docteur en
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